Au jour le jour...

18 avril

Le Musée Chintreuil de Pont-de-Vaux a inauguré sa saison avec une exposition  de gravures du groupe Envers/endroit. L’objectif de la conservation était de trouver une manière de faire vivre le riche cabinet de curiosités local ; en demandant à des artistes de l’investir, de créer des oeuvres in situ, elle voulait le donner à voir. De fait les artistes ont installé (vitrines, objets), ont créé (estampes, oeuvres sur papier) dans la salle d’exposition mais aussi dans le cabinet de curiosités lui-même. Cela donne une exposition riche mais un peu touffue et disparate, où les artistes semblent parfois s’être éloignées d’elles-mêmes, entraînées par l’abondance des matériaux divers et des objets bizarres et rares, laids et beaux, familiers ou totalement étrangers que sont les fameuses curiosités. On ne pourra parler ici de tous les artistes, mais on s’est arrêté devant les quatre estampes décalées de Franz Butte. Anne Mangeot résiste, sans l’éviter totalement, à la pente de l’accumulation et propose des estampes minimalistes et colorées, volontairement pauvres : une carte, un motif de tissu découpé… une feuille qui tombe, où le motif respire. Marité Bordas tente de restreindre le champ de l’expérience en proposant subtilement des variations, avec des collages, sur une même matrice (série Si loin si proche). 

 

Envers/Endroit, et son cabinet de curiosités (du 5 avril au 23 juin 2019), Musée Chintreuil, Pont-de-Vaux.

 

 

15 avril

Meryon, L'abside de Notre-Dame de Paris, 1854.
Meryon, L'abside de Notre-Dame de Paris, 1854.

3 avril

Il n’est pas habituel dans ces pages qu’il soit question d’un(e) artiste sans lien avec le quart sud-est du pays.  Le site rhonestampe.fr se réjouit de présenter les artistes disparus, les oubliés ou les négligés, ceux de Genève à Marseille, pourrait-on dire, et de mettre leur oeuvre en valeur. Par choix de collectionneur aussi, j’ai souvent pris fait et cause pour les artistes locaux, trop souvent négligés par le marché national, ou disons-le, parisien. 

Mais on pourrait à juste titre m’opposer la phrase célèbre du Dom Juan de Molière : « La belle chose de vouloir se piquer d'un faux honneur d'être fidèle, de s'ensevelir pour toujours dans UNE passion, et d'être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! ». Toutes les estampes du monde méritent en effet d’être regardées…

Et c’est donc une entorse à mes principes qui m’a fait mettre la main sur deux estampes d’Angèle Delasalle (1867-1939), illustre inconnue, parisienne de surcroît, et lui consacrer ici une page. Le collectionneur a beau, au fil du temps, affiner ses goûts et ses choix, limiter son champ d’action, se donner des règles, il ne peut rien contre le coup de coeur. Il suffit d'un rien pour déroger à ses habitudes : un nom, un lieu, un motif, la séduction d’un trait, une composition harmonieuse, la trace d’un métier sûr… D'ailleurs, même si Angèle Delasalle n'a pas d'attaches connues avec le sud-est de la France, elle entre dans une catégorie d'artistes dont je cherche les oeuvres depuis longtemps : elle est une artiste femme. Si l’on est intéressé, on pourra lire, dans les pages de blog,  la brève présentation que je lui ai consacrée, « Angèle Delasalle, graveure oubliée» et voir quelques unes de ses estampes.

27 mars

Vernissage jeudi dernier à la galerie Mathieu, où Jean Philippe Bui-Van présentait ses dernières estampes. L'artiste dont nous avons depuis plusieurs années considéré avec un extrême intérêt le travail se trouve, semble-t-il, dans une période charnière. Un de ces temps qui font les artistes inquiets, mais vrais. On y voit comment, par un travail de simplification, peut-être de radicalité, le langage plastique auquel il nous avait habitués glisse progressivement vers un inconnu à venir. Moment risqué. Moment magique. 

Et comme Jean-Philippe Bui-Van est aussi un amoureux des mots, du texte, de la littérature, il a accompagné son exposition d'un catalogue enrichi d'un poème d'André Blatter et de Paul Magdinier, et d'un texte de nous-même qu'on trouvera ici dans la page de blog.

 

6 mars

Rencontrées la semaine dernière cinq estampes, probablement rares, d'un artiste lyonnais oublié, nommé Claudius Peyrache, né en 1860, mort en 1940. Une recherche rapide conduit à une documentation très pauvre. Même l'équipe Wikipedia qui travaille, au Musée des Beaux-Arts de Lyon, à la reconnaissance des artistes du cru - et à laquelle il m'est arrivé de collaborer -  n'a pas encore fourni la page attendue le concernant.

Il fut d'abord peintre d'après ce qu'en disent les journaux de son époque, un peintre relativement estimé qui expose régulièrement au Salon d'automne. 

Les estampes ne sont pas dépourvues de métier ; mais assez convenues, et assez faibles, laissant voir le souvenir d'un Duclaux ou d'un Baron, deux graveurs de la première moitié du XIXème. Elles n'ont pas la magie poétique de celles d'un Appian (1818-1898), de la génération précédente, ni la force symbolique d'un Roux de la même génération (1878-1922), ni la modernité cubisante de celles des Ziniars, qu'il a dû connaître sinon fréquenter.

Question qu'il faudra trancher : faut-il consacrer une page à cet artiste ou le laisser, comme tant d'autres, dans l'oubli dans lequel il est déjà largement tombé ? 

15 février

Plusieurs expositions de gravure à voir cette semaine. On se réjouit de voir chez Descours une partie de la riche production de l'URDLA : Damien Deroubaix en bonne place, Rémi Jacquier, Philippe Cognée, Louise Hornung, Emmanuelle Castellan entre autres. La librairie, en face, présente des livres d'artistes sortis de l'atelier, et d'autres sur les artistes eux-mêmes.

A la galerie Paul Ripoche, un bel ensemble de lithographies, sérigraphies ou bois, d'un collectif nommé Printjam, qui rassemble cinq artistes de différentes nationalités (Allemagne, Pays Bas, France), et dont l'atelier se trouve à Leipzig : une bel ensemble qui fait plaisir à voir, aussi éloigné que possible de la morosité dans laquelle se complaît parfois l'art contemporain, un collectif qui ose le lyrisme absolu de la couleur et des formes, dans une exubérance dynamique tout à fait réjouissante. Chacun des artistes présente aussi  quelques estampes de sa production personnelle : parmi elles, particulièrement appréciées ont été les lithographies de Ronald de Bloeme, aux influences géométriques dominées.

Au Polaris de Corbas, l'espace d'exposition accueille pour un mois deux artistes fort différentes, l'une tout intérieure, Gladys Brégeon, dont nous rendons compte ici, l'autre expansive, Natasha Krendal. 

20 décembre

C'est un bonheur d'enfant que celui qui consiste à jouer avec l'écho... On retrouve ce plaisir-là en voyant la délicieuse (et trop courte) exposition de la galerie Céline Moine et de Laurent Giros Fine art au 1111 qui présentent quelques photographies de Ferrante Ferranti en résonance avec des estampes de Piranese.

Exposition conçue en écho avec l'exposition de photos L'esprit des ruines, au Lugdunum (Musée et Théâtres romains), elle-même conçue " en résonance avec l'exposition" Claude du Musée des Beaux Arts.  Où l'on goûte la beauté précise et inventive des bâtiments piranésiens et la sobriété pure et toute classique des photos de Ferranti. La poésie des ruines romaines, ruines des temps passés, parle aussi de nos ruines contemporaines. 

Du 20 au 28 décembre au 1111, 11 rue Chavanne, 69001, 1er étage.

6 décembre

Le bonheur du collectionneur ne réside pas seulement dans la possession des objets. La recherche et la connaissance que leur acquisition éventuelle ou réelle entraîne, comportent aussi leur lot de plaisir et parfois d'éblouissement. Car souvent, de fil en aiguille, la documentation ouvre de nouveaux espaces, oriente vers d'autres objets, d'autres artistes, d'autres époques, d'autres lieux. Parfois même elle oblige à éclaircir un goût, une préférence, et finalement à s'interroger sur soi-même.

Ainsi récemment, une estampe du maître de l'abstraction lyrique, Hans Hartung, dont l'oeuvre est ardemment soutenue par la Fondation qui porte son nom, nous a obligé à interroger notre préférence pour la gravure par rapport à la lithographie.

On en saura plus sur la page de notre blog Sur une estampe de Hans Hartung.

4 décembre

Publié une nouvelle page sur Fonville, artiste lyonnais (1832-1914) très oublié aujourd'hui. Son travail de graveur n'est pas exceptionnel : ses estampes s'inscrivent dans son temps, reprenant les codes en vigueur dans les années 1860-1880.

Néanmoins, alors qu'on fait encore grand cas d'Adolphe Appian - mais tout est relatif : on trouve aujourd'hui des estampes de bonne qualité à faible coût - celles de Fonville méritent d'être connues et conservées. Travail d'autant plus utile qu'on confond souvent ses oeuvres avec celles de son père.

17 novembre

Vernissage du Salon de Lyon et du Sud-Est.

Une belle affluence pour un salon de qualité et qui reste dans la tradition. Voir notre article.

 

Le Salon s'accompagne d'un hommage à Antoine Chartres, Hélène Mouriquand, Jean-Paul Pichon-Martin et François Montmaneix, et met à l'honneur le sculpteur Ivan Avoscan et ses élèves des Beaux-Arts de Lyon. 

14 novembre

Visite de l'exposition d'Isaure de Larminat et Isabelle de Becdelièvre, annoncée ci-contre.

 

Un bel ensemble d'oeuvres des deux artistes. L'une et l'autre  construisent des oeuvres séduisantes, solidement ancrées dans l'expérience intime.

Particulièrement touché par une gravure monotype d'Isaure de Larminat, intitulée Traces, équilibrée, réussie, aux teintes heureuses. 

 

11 novembre

Bientôt l’ouverture du Salon du Sud-Est annuel. J’aime me rappeler que ce salon se voulait à l’origine une machine de guerre contre les tenants de la tradition. Reste-t-il quelque chose de cette intention ? Et le faut-il ?

 

 

10 novembre

De ce beau graveur lyonnais nommé Jules Migonney, bien oublié aujourd'hui, mais dont des amateurs recherchent encore les rares épreuves, j'ai trouvé une nouvelle estampe intitulée Messaouda, qui rappelle que l’artiste a séjourné à la Villa Ad-el-Tif, ce lieu qui a permis à nombre de peintres français de découvrir l’Algérie et de faire découvrir l’art français jusqu’à sa fermeture en 1967 avec l’Indépendance. 

L’estampe, un peu anecdotique,  dans cet état publié en 1920, est probablement plus ancienne (1913 ?);  mais on pense au travail de Matisse des années 25-30. Voir la page de l'artiste ici-même.

Autre constat encore : une planche publiée dans Art et Décoration en 1920, une revue de design parisienne grand public dont le premier numéro a été publié en janvier 1897 et destinée  à montrer les dernières tendances dans les arts décoratifs et les styles Art Nouveau et Art déco. Quelle revue aujourd'hui pour oser la même chose ?  

 

 

5 septembre

On recherche des documents (éléments biographiques, estampes…) concernant René Bord, sur lequel une page est en préparation. 

Pensée

" Tout le malheur des hommes est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre".  Blaise PASCAL