Etienne Grafe (1940-2020)

Né à Neuilly en 40 de parents d’origine autrichienne émigrés en France en 1938, il était arrivé à Lyon comme professeur à l’Université catholique où il enseignait la langue anglaise ; il parlait aussi couramment l’allemand et l’italien.

 

Homme de grande culture, il s’intéressait à de nombreux domaines artistiques : la danse et l’opéra, la peinture, le dessin, la photographie. Il était surtout un collectionneur passionné, qui, par l’étendue de ses connaissances, était devenu un spécialiste reconnu ;  son appartement lyonnais, d’après ceux qui l’ont connu, regorgeait d’objets les plus divers et les plus choisis, mais aussi de peintures, de dessins, de gravures. Il avait accumulé, dit-on, une bibliothèque d’art de plus de 5000 volumes.  

 

Amateur de peinture, il avait constitué au fil des années un bel ensemble d'oeuvres de J-B Frenet,  possédait dessins et peintures de Berjon, et de nombreux autres artistes français et lyonnais du XVIII et XIXème. Une partie de sa collection, notamment celle qui concernait la photographie, avait été achetée par un musée américain, et il avait donné des dessins au cabinet des dessins de l’Albertina de Vienne, où il allait, semble-t-il, fréquemment et pouvait voir, s’il le demandait, les dessins de Dürer ou d’autres artistes. 

De cette longue fréquentation des oeuvres de l’art ancien, il  était devenu, comme on dit, un « oeil », mais s’il était un spécialiste volontiers consulté par les marchands, il répugnait à jouer le rôle d’expert. 

C’était aussi une personnalité à la fois discrète et riche, qui avait son franc-parler et ne transigeait pas avec la vérité. Il est à souhaiter que soient conservés les riches documents de son cabinet de travail, ses collections, voire sa bibliothèque.

 

On lui doit en collaboration avec Elisabeth Hardouin-Fugier, plusieurs ouvrages généraux, dont Les peintres de fleurs en France de Redouté à Redon, 1992, La peinture Lyonnaise au XIXème siècle, Les éditions de l’amateur, Paris,  1995, le Répertoire des peintres lyonnais du XIXème siècle en Bugey, Centre d’art contemporains de Lacoux, 1980. Et de nombreux articles concernant la gravure, parus notamment dans le Bulletin des musées et monuments lyonnais,  par exemple " L’œuvre de Jean-Michel Grobon (1770-1853)" au Musée des Beaux-Arts de Lyon, Lyon, 1983, n° 4,  dans lequel il esquisse un catalogue des gravures de l’artiste ou encore  "A propos d'une oeuvre de François Lépagnez : fileuse à Optevoz,1863".

Il a participé au catalogue de plusieurs expositions du Musée des Beaux-Arts, dont celle des Paysagistes lyonnais,1800-1900, en juin 1984 ou de  Fleurs de Lyon : 1807-1917,  de juin-septembre 1982. 

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Commentaires: 2
  • #1

    Marie France Bruegel (vendredi, 05 mars 2021 08:25)

    Nous avons été collègues pendant presque quarante ans.Etienne était un homme charmant, bienveillant un professeur autant redouté qu'apprécié.
    Il a été un ami fidèle de mon mari dont il partageait les origines et dont les parents avaient subi le mëme destin.
    Son appartement - musée était impressionnant.
    On regrettera un homme " à part" et apprécié de tous ceux qui l"entouraient.

  • #2

    P. Brunel (samedi, 06 mars 2021 19:11)

    Merci pour votre billet. Je n'ai pas eu le plaisir de rencontrer Etienne Grafe, mais votre appréciation confirme les informations que partout l'on m'a fournies.