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Une étoile

Jacques Stella (1596-1657) est un peintre important du XVIIème siècle, d’origine lyonnaise. Le Musée des Beaux-Arts de Lyon lui a consacré une rétrospective en 2007. Un peintre choyé par les rois, les puissants, installé à Paris, et qui après sa mort a subi une long purgatoire, lui l’égal d’un Poussin qu’on sait indéfectiblement romain et donc bien loin de France. C'est qu'il passe depuis le milieu du XVIIIème pour un médiocre imitateur de Poussin. L’histoire de l’art ne l’a pas encore complètement rétabli, malgré les efforts de Jacques Thuillier.

Il a pratiqué exceptionnellement la gravure : il laisse le soin à d’autres de reproduire ses dessins et ses peintures. Comme Poussin qui n’a jamais gravé et dont nombre de peintures ont été reproduites par la gravure. Cela a été pendant longtemps, on le sait, sa principale fonction. Sur la fin de sa vie, il produit une suite de dessins illustrant la Passion du Christ, motif traditionnel depuis les débuts de la gravure (voir Dürer). Une série de dessins que Félibien, architecte et écrivain, signale en 1688 parmi les plus remarquables du peintre.

 

Claudine Bouzonnet-Stella, sa nièce (1636-1697), graveure, va se charger de leur donner une place dans la postérité en les reproduisant sur cuivre. Le collectionneur Mariette dit d’elle : « Presque toujours occupée à graver d'après les desseins de son oncle ou d'après les merveilleux tableaux du Poussin qui luy appartenoient, elle s'est particulièrement attachée à en conserver le caractère, ce qui ne se peut presque jamais dire des graveurs et en general des imitateurs (…). Il règne dans les sujets champêtres qu'elle a gravé (sic) d'après les desseins (sic) de son oncle, un caractère naïf et de simplicité que l'on ne trouve point ailleurs. »  

Parlant de cette suite de la Passion, dont il mentionne douze planches, il écrit : « Ces douze pièces sont des plus belles choses de M. Stella, et sa nièce luy a fait honneur en les gravant ». 

  

Par lui encore, on sait, comme le confirme le testament de Claudine, qu’elle a laissé à son cousin Michel de Masso " la charge de graver ou de faire graver d’autres dessins du maître qui restent". Ce qu'il commence à faire...  Selon Mariette, les planches auraient ensuite été vendues en 1725 par De Masso  ou l'un de ses héritiers.

Hélas pour Stella, sur les plaques parvenues on ne sait comment en Angleterre, son nom fut remplacé par celui de Poussin. Cela se vendait mieux…  Dans le commerce, aujourd'hui, on trouve essentiellement les estampes avec la signature de Poussin. 

 

Une histoire vieille de plus de trois siècles dans laquelle on voit apparaître une femme…  et elle s'appelait Stella. Elle ne s'est pas contenté de reproduire les oeuvres des autres : on a d'elle aussi des gravures personnelles. C’est la première artiste sur cuivre en France dont je connaisse le nom et les oeuvres.

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