Rhône estampes

Qui sommes-nous ?

Je suis un amateur d'estampes. Intéressé bien sûr par l'art sous toutes ces formes, j'aime particulièrement l'estampe.

J'aime les noirs veloutés de la lithographie

j'aime les contrastes rugueux du bois gravé,

j'aime le contact des papiers, la légèreté des japons ou la sonorité des vergés.

 

J'ai bien sûr des graveurs préférés, des périodes privilégiées.

J'aime tenir en main une estampe d'un graveur reconnu, mais je suis tout autant curieux des oeuvres de ces "petits" peintres graveurs, de ces aquafortistes ou lithographes qui ont disparu de nos radars.

Je suis fasciné,  à vrai dire, par ces innombrables artistes qui ont connu, en leur temps, du succès et ont fini dans les oubliettes de l'Histoire.

Je m'émerveille de rencontrer encore des planches assez bien conservées, si fragiles pourtant, de ces gens passés de mode.

 

Au-delà de cet intérêt personnel et égoïste, la collecte et la conservation des oeuvres du temps passé, même de faible valeur, sert l'Histoire, et l'Histoire de l'art, même régional.

Dans cette époque de l'immédiateté, de la crainte du déracinement, de la vitesse, où le temps de la mémoire demande un effort auquel on se refuse, il ne peut pas être mauvais de recueillir, comme autant de fleurs séchées, les présences lointaines d'esprits disparus mais fraternels.

 

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La gravure traverse, semble-t-il,  une mauvaise passe.

Le constat s'appuie d'abord sur l'expérience de l'amateur. Tel marchand s'exclame : "Il n'y a plus de collectionneurs". Dans une salle des ventes, tel commissaire priseur l'avertit :" Pour la gravure, vous devriez venir aux ventes courantes, vous pourriez faire de bonnes affaires, on n'en met presque plus dans les ventes cataloguées, cela ne marche pas assez".  Plus généralement, en regardant le marché de l'art, on constate la relative désaffection dont fait preuve la gravure.

 

A cela plusieurs raisons sans doute :

L'estampe est aujourd'hui concurrencée par la photographie, dont les prix, sur le marché, la dépassent largement : une photographie de Man Ray, du début du XXème, vaut plus cher qu'une estampe du même Man Ray. Ironie de l'histoire : c'est précisément l'invention de la photographie qui au XIXème entraîna la renaissance de l'estampe, comme on l'a souligné depuis longtemps. L'amateur, voire le collectionneur se tournent donc plus volontiers vers la photographie, dont la valeur symbolique l'ancre dans la modernité et la mode.

 

Mais l'estampe est aussi victime de la raréfaction de son enseignement dans les écoles d'art. On est loin de trouver un atelier de gravure dans toutes les écoles des Beaux Arts de France, et il ne faut pas s'étonner que, à la source, les artistes eux-mêmes s'écartent du travail sur la pierre ou le bois.

 

Nous poursuivons donc trois objectifs  : 

 

- diffuser des informations sur l'activité des graveurs et de l'estampe dans le Sud-Est de la France. 

 

- établir une base de données sur les graveurs passés et présents.

 

- constituer un lieu d'échange entre amateurs, collectionneurs, artistes.

 

Ph. Brunel