Journal des confins · 09 avril 2020
Jacques Stella (1596-1657) est un peintre important du XVIIème siècle, d’origine lyonnaise. Le Musée des Beaux-Arts de Lyon lui a consacré une rétrospective en 2007. Un peintre choyé par les rois, les puissants, installé à Paris, et qui après sa mort a subi une long purgatoire, lui l’égal d’un Poussin qu’on sait indéfectiblement romain et donc bien loin de France. C'est qu'il passe depuis le milieu du XVIIIème pour un médiocre imitateur de Poussin. L’histoire de l’art...
Journal des confins · 08 avril 2020
En décembre 1993, une association sportive organise une brocante à la Halle Tony Garnier. La journée est ensoleillée après une période de grisaille et la ville jouit de sa clarté retrouvée. On se promène entre les stands, à la recherche vague de quelque meuble ou objet de décoration pour la maison, mais je garde un oeil attentif sur les estampes, les cadres, les cartons à dessins…
Journal des confins · 07 avril 2020
A l’aube des temps modernes, la planche de bois, travaillée au couteau, est le procédé unique de l’illustration. L'image gravée en relief comme la typographie, peut être imprimée en même temps que le texte. Cela fit le succès du livre à gravures du XVIème siècle (voir la chronique sur B. Salomon.) A la fin du XVIème, concurrencé par le burin pratiqué sur cuivre, le bois disparaît pratiquement jusqu’au début du XIXème, où la presse, en grand développement s’empare du...
Journal des confins · 06 avril 2020
Dans le Joueur d’échecs, Stefan Zweig fait parler un personnage, arrêté par les nazis, et placé à l’isolement, seul dans la chambre d’un hôtel, où sont rassemblées les "personnalités importantes"… « On ne nous faisait rien – on nous laissait seulement en face du néant, car il est notoire qu’aucune chose au monde n’oppresse davantage l’âme humaine. En créant autour de chacun de nous un vide complet, en nous confinant dans une chambre hermétiquement fermée au monde...
Journal des confins · 04 avril 2020
On peut se contenter de voir là, comme je l’ai fait quand j’ai surpris cette scène, l'an dernier, une image amusante, un peu caricaturale, de la jeunesse d’aujourd’hui, hyper-connectée, vivant à la fois en bandes et chacun de son côté, marchant à l’avenir. Aujourd’hui, la mettant en ligne, je me demande si ce n’est pas une métaphore de notre situation à tous aujourd’hui : ensemble mais séparés. Ou bien, penser l’inverse : la situation que nous vivons était-elle...
Journal des confins · 04 avril 2020
C’est en 1873. Hector Allemand habite au 34 quai de la Charité (actuel quai Gailleton), un bel immeuble en pierre, de quatre étages avec sept fenêtres, une allée centrale, donnant sur une étroite cour intérieure. Au-dessus de la porte de l’allée, située au centre de la façade, des pilastres montent jusqu’au quatrième, où deux cariatides les remplacent pour supporter la corniche que surmonte un fronton ovale. Devant les fenêtres, le Rhône et au-delà la campagne jusqu’aux...
Journal des confins · 03 avril 2020
HA, ce sont les initiales d’un presque inconnu, Hector Allemand (1809-1886) du milieu du XIXème siècle lyonnais : c’est ainsi qu’il a signé ses premières estampes, pendant près de dix ans, avant d’oser graver son nom entier. On sait qu’il se trouve parmi mes graveurs préférés, et que mon amie Suzanne Palliard m’a offert d’exposer chez elle. On trouvera la page que je lui consacre ici. Inutile donc de revenir sur sa vie et son oeuvre. Je le tiens pour le graveur lyonnais le...
Journal des confins · 02 avril 2020
En art, le motif de la liseuse (pas l’appareil électronique, mais la personne qui lit) ne date pas d’hier… D’ailleurs je remarque en écrivant que l’art dit « liseuse » et que la vie courante dit « lectrice ». Tout le monde bien sûr n’est pas Saint Jérôme lisant (Dürer). Tout le monde ne lit pas forcément des livres : la liseuse de Vermeer, image fascinante de silence et de concentration, se contente de lire une lettre, comme d’autres d’ailleurs. Tapez liseuse +...
Journal des confins · 01 avril 2020
Les chemins de la gravure sont imprévisibles. Au hasard de recherches documentaires, bien souvent me sont tombées sous les yeux des estampes de la ville de Lyon. Sur l'une d’elles, tirée de Les plans et profils de toutes les principales villes et lieux considérables de France (1634) du cartographe Christophe Tassin, le nom de la ville s'écrit « lion », ce qui suffirait à expliquer la présence du lion sur les armoiries de la ville. A la différence de la gravure plus célèbre de...
Journal des confins · 31 mars 2020
Parmi les estampes serrées dans mes cartons, se trouvent un certain nombre de pièces anonymes. Je ne parle pas ici d’estampes non signées mais répertoriées, cataloguées d’un artiste connu, célèbre ou non. Celles-ci peuvent être à bon droit désirées, recherchées, d’autant que l’usage de signer au crayon (et de numéroter) les estampes ne date que de la deuxième moitié du XIXème siècle. Il n’était même pas systématique, avant cette date, de signer comme on dit «...

Afficher plus